L’autoédition et moi

Une cause qui me tient à cœur !

Ceux qui me connaissent le savent, l’autoédition est une cause que je veux défendre.

Pourquoi ? Parce que ce mode de publication est submergé de préjugés négatifs (certes, souvent justifiés) qui portent préjudice à des auteurs talentueux qui font le choix de rester indépendants.

Chat dépité

Voici quelques-uns de ces préjugés :

  • Autoédition = médiocrité = livres bourrés de fautes, mal construits, parfois même horribles.
  • « L’autoédition est la solution de secours des auteurs qui ne sont pas assez talentueux pour trouver un éditeur. » Ou sa variante : « Si un livre est bon, il sera forcément édité ».
  • Auteur autoédité = auteur inconnu, donc livres invendables.

Tout cela est absolument faux !

Lorsque j’ai publié « Alyson », mon premier roman, j’ai découvert l’autoédition. Cela m’a donné l’occasion de discuter avec plus d’une centaine de libraires, des dizaines d’auteurs, des éditeurs, des associations littéraires…

J’ai alors pris conscience que chaque auteur rencontrait les mêmes difficultés. Faute de moyens financiers, nous n’avons pas accès aux grands médias pour faire connaître nos œuvres. Nous n’avons pas d’affiches placardées sur les bus de ville, ou de visibilité à la télévision… etc…

En conséquence, nous devons nous faire connaître grâce aux salons littéraires régionaux et aux réseaux sociaux, qui ne sont généralement visités que par les véritables passionnés de littérature (qui animent souvent des blogs sur le sujet) et les autres auteurs. C’est déjà bien… mais cela n’est pas suffisant pour faire connaître nos œuvres.

J’ai constaté également que le lecteur occasionnel (les plus nombreux) ne sait généralement pas ce qu’est l’autoédition. Pour lui, un livre, ça se trouve dans un magasin ou dans une librairie. Or, si vous regardez bien, vous ne trouvez que très peu de livres autoédités dans ces endroits (souvent moins de 1% des livres en rayon).

 

Tout cela est absolument faux et uniquement basé sur des préjugés.

J’ai également constaté que les libraires ne sont généralement pas friands de mettre nos livres en rayons. Voici d’ailleurs les raisons les plus souvent évoquées :

  • Prendre les livres en dépôt/vente = comptabilité compliquée.
  • Livre autoédité = médiocrité = invendable.
  • Si le livre bénéficie de l’impression à le demande tout en étant distribué dans les réseaux de distribution des librairies, les retours d’invendus ne seront pas gérés.
  • Auteur indépendant = auteur inconnu, donc le livre ne se vendra pas (celle-là, elle me fait bien rire, car c’est le serpent qui se mord la queue. Pour être connu, il faudrait qu’on puisse vendre nos livres, et donc être en librairie).
Libraire

Je comprends tout à fait les réticences des libraires. Ils doivent vendre ce qu’ils mettent en rayons. Ils ont une boutique à faire tourner.

Néanmoins, je vais vous prouver que tout cela est faux. Perso, je passe par BoD (Book On Demand), une plateforme d’autoédition qui me permet de bénéficier des mêmes facilités de distribution que n’importe quel livre édité. Un libraire peut donc commander mon livre sur son ordinateur, comme il le fait avec tous les autres livres qui composent sa librairie. S’il ne vend pas mes exemplaires, il peut les retourner à son distributeur contre remboursement, comme les ouvrages édités.

Pour ma part, je suis très exigeant avec la qualité de mes romans, sur tous les aspects. Pourtant, il m’est déjà arrivé de trouver des livres édités (assez régulièrement, pour être honnête) qui ne mettent pas autant d’efforts que moi à soigner leurs ouvrages.

De même pour les booktrailers, je peaufine avec amour chaque vidéo que je crée, et je suis fier de parvenir à rivaliser avec ceux des auteurs édités, qui ont pourtant des professionnels derrière eux censés les guider et leur proposer des services auxquels les auteurs autoédités n’ont pas facilement accès.

Ces deux dernières années, lorsque je présentais « Alyson » dans les salons littéraires, j’ai souvent eu l’occasion de discuter avec des auteurs qui avaient eu « la chance » de trouver un éditeur à compte d’éditeur. J’ai alors découvert (très souvent) que ceux-ci avaient perdu les droits d’exploitation de leur œuvre alors que leur éditeur n’avait pas fait plus que ce qu’une plateforme d’autoédition telle que BoD fait pour moi. Ces auteurs me disaient même que les seules librairies qui avaient mis leur livre en rayon étaient celles qu’ils avaient démarché eux-mêmes. Alors, lorsqu’ils ont constaté ce qui se passait, ils ont voulu récupérer leurs droits d’exploitation… et bien devinez quoi… cela leur a coûté plusieurs centaines (ou milliers) d’euros, et plusieurs années de batailles juridiques pour y parvenir. Vous trouvez ça normal ? Pas moi.

Justice

Et c’est une des raisons qui fait que j’ai fait le choix de rester indépendant, car je suis trop exigeant pour oser céder mes droits à quelconque professionnel qui ne déploierait pas au moins la même énergie que moi pour faire connaître mes livres.

 

Alors, lorsqu’un libraire refuse de mettre mon livre en rayon uniquement parce qu’il se base sur mon statuts d’auteur autoédité… cela provoque en moi un certain pincement au cœur, car je repense à toutes ces heures, jours, semaines, mois, années… passées derrière mon ordinateur à écrire mon histoire. Tout ça pour rester bloqué aux portes d’une librairie qui se base sur de simples préjugés et non sur le contenu et le potentiel de mon roman.

 

 

Alors voilà… je veux défendre l’autoédition, car je sais que tout peut changer. Il est juste question de préjugés, et ça… ça peut évoluer…

Juste en rappelant que même s’il existe des livres de piètres qualité dans l’autoédition (en édition également), il existe également de véritables chef d’œuvres (j’en ai lu), et ceux-ci méritent de se faire connaître en librairies.

Je veux faire connaître l’autoédition au lecteur occasionnel… celui qui ne s’intéresse pas aux réseaux sociaux et aux salons littéraires, lui faire découvrir qu’il existe des milliers de romans inconnus autour de lui qui pourraient le bouleverser.

Je veux également inciter les libraires à revoir leur jugement et à créer des rayons dédiés à ce mode de publication. Un rayon qui pourrait attirer l’œil du lecteur occasionnel, au même titre que les bouts de gondole où l’on trouve les best-sellers habituels.

Certains libraires ont déjà compris cela. Ils sont des pionniers de cette philosophie, de ce monde qui change et qui évolue dans ce sens. Ces libraires proposent déjà des rayons d’auteurs indépendants et je leur offre toute ma gratitude, car ils sont des modèles à suivre. Ils se battent pour proposer de la nouveauté, de l’originalité et offrent la possibilité à des auteurs tels que moi de trouver leur public. C’est une relation gagnant-gagnant. Ils ont tout compris !

Il n’est pas question ici de dénigrer les maisons d’édition. Chacun mérite de co-exister. Je veux juste briser les barrières que ces préjugés ont contribué à construire.

Alors plus nombreux vous serez à demander des œuvres autoéditées à vos libraires, plus souvent vous trouverez nos livres au sein de leurs rayons.

C’est tous ensemble que nous pourrons changer les choses !